Ce mercredi 4 mars a eu lieu l’intervention “Sols vivants, une agriculture régénératrice des sols” en partenariat avec Earthworm et le Pôle Ecofriendly. C’est donc dans le cadre du cycle de conférences intitulé “Que mangerons-nous demain ?”, que nous avons reçu dans nos locaux Nathalie Libbrecht, en charge du projet des sols de l’association, et Emmanuelle Poujaud, de l’entreprise Bonduelle.

Durant ce temps d’échange, nous avons pu aborder les enjeux d’une agriculture plus respectueuse des sols, mais aussi l’importance du rôle des acteurs locaux.

 

Le projet Sols Vivants

Ce projet a été lancé dans le Santerre il y a deux ans. Earthworm y aide les agriculteurs à faire leur transition vers un agriculture plus durable. L’initiative vient d’un constat alarmant: en effet, chaque année, près d’un million d’hectares de sols sont perdus à cause de l’érosion. D’autre part, l’érosion des sols est aussi à l’origine d’une perte de fertilité des terres agricoles, de l’apparition de coulées de boue et d’une baisse de la qualité des eaux dans les nappes phréatiques. Ce phénomène étant partiellement dû au fait de l’agriculture intensive, Earthworm intervient donc en accompagnant les agriculteurs à travailler de manière plus respectueuse sur leurs sols. Ainsi, l’association agit donc principalement en leur apportant de nouvelles connaissances et méthodes d’agriculture (la baisse du travail mécanique des sols, la protection des sols grâce à une couverture végétale et la culture d’une plus grande variété d’espèces).

 

L’intérêt des entreprises

Earthworm travaille aussi avec les entreprises, notamment en les aidant à gérer leurs chaînes d’approvisionnement. Effectivement, les intérêts de travailler avec une supply chain plus verte sont nombreux pour les entreprises. Dans un premier temps, avec une conscience verte de plus en plus présente chez les consommateurs, ces actions sont bénéfiques pour l’image de marque des entreprises. D’autre part, les sols agricoles étant un outil de travail majeur des entreprises alimentaires, il en va de leur intérêt de les préserver afin de s’assurer de leur productivité dans le futur, mais aussi dans le but d’obtenir des récoltes de qualité.

 

L’importance des acteurs locaux

C’est la raison pour laquelle certaines entreprises, comme Bonduelle, travaillent en partenariat avec leurs agriculteurs et l’association afin d’opérer vers cette transition. Effectivement, travailler avec les agriculteurs, qui sont les premiers maillons de la chaîne d’approvisionnement, est un véritable gage de qualité pour Bonduelle. Par ailleurs, l’entreprise spécialisée dans la mise en conserves de légumes reconnaît l’importance de travailler à l’échelle locale : la proximité de l’usine des agriculteurs des Hauts-de-France lui permet de garder des produits le plus frais possible.

 

Objectifs et défis futurs

L’association Earthworm a pour objectif de faire valoir le projet sols vivants en continuant de travailler avec de nouveaux agriculteurs pour la régénération et la conservation des sols, mais aussi en opérant au sein même des entreprises, avec l’apparition du critère “sols vivants” dans les cahiers des charges. De plus, Earthworm travaille également sur la sensibilisation des consommateurs à la qualité des sols; par exemple avec la mise en place d’une note, semblable à celle du Nutri-score, afin de les renseigner sur la provenance et la qualité des sols sur lesquels sont produits leurs aliments.

Quant à Bonduelle, l’entreprise a pour objectif d’avoir l’intégralité de ses agriculteurs pratiquant une agriculture réfléchie et protectrice des sols d’ici 2030. D’autre part, des défis nationaux sont aussi lancés, par exemple par le biais du ministère de la transition écologique.

Effectivement, dans le cadre la “Stratégie nationale bas carbone”, le ministère effectue des contrôles des terres agricoles afin d’en mesurer la proportion de carbone et l’étanchéité des sols. Tout cela a pour but final l’objectif zéro émission nette horizon 2050. D’ailleurs, l’État aide les agriculteurs en transition avec le versement de compensations financières sur la proportion de carbone imprégné des sols.

Le pôle Eco-Friendly